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Depuis le Quartier libre des Lentillères à Dijon
Il nous faut réagir et sauver la ZAD !

mercredi 11 avril 2018, par Les Lentillères

L’aventure de la ZAD c’est une histoire qui nous touche, c’est aussi notre histoire !

Il y a trois mois on y était pour célébrer la victoire contre l’aéroport, l’aboutissement de quarante années de lutte auxquelles se sont greffé·e·s depuis 2009 celles et ceux qu’on appelle les zadistes.

En 2011, nous sommes allé·e·s à la ZAD pour occuper des terres et ancrer l’aventure de la ferme du Sabot, un projet de maraîchage pour nourrir la lutte. Des camarades des Lentillères y prenaient part avant de revenir sur le quartier en 2012 et lancer un projet similaire, le « Jardin des Maraîchers » depuis devenu le « Jardin des Maraîchères ». La mairie de Dijon avait alors tenté de nous en empêcher en creusant d’énormes trous avec un tractopelle pour rendre ces terres incultes. C’était sans compter sur la détermination de notre projet, qui a vu le jour avec un peu de retard.

En 2012, nous étions des milliers à avoir résisté pendant des jours aux attaques de l’opération César. Déjà à cette époque, l’amicale « Dijon - Notre-Dame-des-Landes » avait organisé des rassemblements à Dijon, des collectes de matériels, des voyages à la ZAD... Elle réunissait des Dijonnais·e·s pour qui lutter contre un aéroport, même à 700 kilomètres de Dijon, avait un sens.

Les années passant, le sens de ce soutien s’est solidifié et précisé. Ce qui se construit à la ZAD a résonné dans nos vies de mille manières, et nous avons planté nos bâtons dans la terre de Notre-Dame-des-Landes en 2016, promettant de revenir le chercher en cas d’expulsion.

Comme dans tous les comités de soutien, nous avons échafaudé des plans, imaginé cent fois devoir partir à la ZAD en catastrophe pour aller résister aux forces de l’ordre, pour à chaque fois se rendre compte que le gouvernement reculait sans même que nous ayons besoin d’enfiler nos bottes.

Mais depuis ce matin, il n’est plus vraiment possible de reculer. Ça paraît incroyable, mais en ce moment même, des centaines de flics envahissent les espaces qu’on a tant aimés ces dernières années. Non pas seulement parce qu’on y a vécu des bons moments, mais surtout parce qu’ils représentent ce pour quoi nous sommes des milliers à nous battre quotidiennement : la possibilité de s’inventer une vie commune en scission avec le cours des choses.

Parce que le Quartier libre des Lentillères, depuis sa naissance en 2010 et jusqu’à aujourd’hui, incarne dans la ville de Dijon des tentatives et des alliances politiques assez similaires à celles qui se vivent depuis dix ans à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.

Parce qu’à Dijon aussi nous contestons un projet grotesque, celui d’un énième écoquartier qui, une fois réalisé, viendra définitivement bétonner les dernières terres nourricières de la ceinture maraîchère de la ville.

Parce que la ZAD depuis des années a inspiré le quartier des Lentillères comme tant d’autres projets en lutte en construisant son autonomie tout en renforçant intensément la lutte contre l’aéroport.

Parce que la ZAD a été décisive pour que le gouvernement abandonne le projet d’aéroport. « ZAD partout », tel est le slogan qui a résonné partout France et bien au-delà de ses frontières.

Mais la ZAD ce n’est pas une zone qu’on peut vider de ses habitant·e·s, reloger, déplacer comme si de rien n’était ! La ZAD, c’est une communauté de vie qui depuis des années expérimente et élabore des manières de vivre ensemble. C’est donc une histoire de vie chargée, pleine d’émotion et d’intensité, au quotidien dans la lutte, ses amitiés et complicités, les liens qui se créent, les conflits qu’il faut démêler... toutes ces choses que le gouvernement veut broyer en refusant de considérer la convention collective proposée par les zadistes pour défendre leurs projets, leurs habitats, leurs cultures.

Ce qui nous rapproche et nous lie surtout, c’est la tentative politique de créer de nouveaux fronts de lutte dans nos existences, des fronts qui partent de nos vies et de pratiques politiques quotidiennes, qui s’incarnent et se pensent depuis des territoires que l’on habite.

La ZAD incarne pour nous et pour beaucoup de personnes la possibilité de vies plus désirables, elle active et réactive sans cesse nos imaginaires de lutte.

Aujourd’hui, il nous faut réagir et sauver la ZAD, par tous les moyens possibles !

Source : zad.nadir.org
10 avril 2018.

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